Poème dédié à
Perrette Hallier

Perrette Hallier, où donc t'en es-tu allée
Après tous ces hivers sous la neige abîmés
Et ces violents étés d'orages déchirés?
Comme fille du roy tu fis la traversée

Vers ce Québec immense, terre d'espérance
Autant que redoutée, et dans ce fol enfer
De tempêtes maudites possédant la mer
Tu avais cru mourir avant la délivrance.

Puis sur cette terre neuve tu pris mari
Et tu t'installas sans jamais pouvoir te plaire.
La France te manquait, alors pour faire taire
La nostalgie de ton coeur tu repartis.

Mais ta patrie, l'as retrouvas-tu jamais?
As-tu péri en mer ou bien t'es-tu cachée
Afin de mourir à ton passé d'épousée
D'un pays trop rude à ton âme? Tu songeais

Sans doute à bien des souvenirs de ta jeunesse.
Une ombre alors passait devant tes yeux absents,
Tu semblais chasser des fantômes oppressants
Et chercher ta force au coeur de tout ce qui blesse.

Perrette Hallier, où donc t'en es-tu allée?
Quelle étoile as-tu suivie, quel port lointain
As-tu abordé dans les brumes d'un matin
Pour accomplir les replis de ta destinée?

(Auteure)
Laurence (Hallier) Hirzel © 2002



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