Sylvie Bordeleau et Christian Roux
Un havre de paix
Lorsqu'ils habitaient rue de Bullion, à l'angle de la rue Prince-Arthur, Sylvie Bordeleau et Christian Roux se promenaient souvent dans leur quartier et rêvaient, en empruntant l'avenue Laval, d'y habiter un jour. Ils étaient séduits par la très belle artère, bordée de maisons cossues construites au tournant du siècle.«Nous aimons habiter au centre-ville, indique M. Roux, qui marche pour se rendre au travail, à la Place Ville-Marie. L'avenue Laval est une rue tranquille, ce qui nous plaît beaucoup. Il s'agit d'un bon compromis.»
«L'hiver, c'est tellement beau, renchérit sa conjointe. Il y a des lumières dans les arbres du carré Saint-Louis, situé tout près.»
Ils visitaient une copropriété sur la fameuse avenue, en 1994, lorsqu'ils ont vu qu'une maison était à vendre, de l'autre côté de la rue. «Il y a seulement six ou sept maisons à deux étages (cottages) le long de l'avenue, explique M. Roux. Les autres maisons ont été converties en copropriétés.
«Nous avons fait une offre, à tout hasard. Tout s'est passé très vite, en moins de 48 heures!»
«Je trouvais que c'était trop grand, se souvient Mme Bordeleau en riant. Imaginez, deux dans un neuf pièces ! Mon chum est tombé en amour avec la maison, mais moi, je pensais au ménage... »
L'occasion était trop belle pour la laisser passer. La jeune femme aimait particulièrement la maçonnerie, composée de pierre à bossage en grès d'Écosse et d'un chaînage de pierre grise lisse. «La pierre écossaise, d'un ton orangé, est assez rare, fait-elle remarquer.»
Autre avantage: le propriétaire précédent, un architecte, avait réalisé d'importants travaux. Il avait solidifié l'immeuble, bâti sur de la glaise, changé les fenêtres, fait refaire l'électricité, la plomberie et la toiture, et remplacé les briques.
«Nous avons été chanceux, reconnaît Sylvie Bordeleau. La maison était en bonne condition. Nous nous sommes occupés de l'esthétique. C'est ce qui est le plus amusant à faire... et ce qui coûte le moins cher !
Au cours de l'été 1996, la façade a pris un coup de jeune. Le couple a fait nettoyer la pierre, noircie par le charbon utilisé jadis pour le chauffage. Il a fait refaire les joints de la pierre et a confié à la firme Monsieur PeintPignon le soin de remplacer le balcon de bois, de réparer les corniches et de peindre les boiseries. Le beige, qui se marie bien avec l'orangé de la pierre, a été choisi pour couvrir les fenêtres et les balcons. Les portes et le pourtour des corniches sont devenus vert tendre, pour mieux faire ressortir le vert-de-gris de l'ardoise de la corniche.
Au fil des ans, la maison s'est enrichie de meubles, d'accessoires... et des enfants, Frédérik (trois ans) et Charlotte (21 mois). Et le couple a pris goût à améliorer sa propriété. «Nous faisons des efforts pour la garder belle, souligne Christian Roux. À mesure que nous la mettons à notre goût, nous sentons qu'elle nous appartient.»
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