La Bottine Souriante
au Festival international de Lanaudière

Bonjour, le classique!

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À peine descendus de l'avion qui les ramenait d'Europe, les neuf joyeux bougres de la Bottine souriante sautent à pieds joints sur la scène du Festival international de Lanaudière à Joliette, leur ville natale. Du classique à la bonne franquette!

Après avoir sorti le folklore des boules à mites, l'avoir notamment saupoudré de jazz et de salsa, voilà que la Bottine sourit au classique. Et comme elle fait toujours les choses en grand, c'est au prestigieux Festival Lanaudière, accompagnée de l'Orchestre symphonique des Jeunes de Joliette, qu'elle nous brassera le canayien.

"Ça va être un gros party de famille ! promet Yves Lambert, le chanteur-accordéoniste-harmoniciste du groupe. C'est une ambiance très champêtre, en plein après-midi, les gens peuvent manger sur l'herbe et tout. Nos parents, frères et soeurs, cousins vont tous être là."

Tout de même, pourquoi la Bottine marche-t-elle dans les pas feutrés du classique ? "Attention, ce sera très éclaté, comme la Bottine !", prévient-il, avant de rappeler que la musique traditionnelle puise ses racines dans le classique.

"C'est une exploration musicale supplémentaire, ajoute Michel Bordeleau, le célèbre tapeux de pieds. Outre quelques arrangements de Jean Fréchette (Bottine) et Luc Chaput (OSJJ), nous jouerons notre répertoire tel qu'il est."

L'Europe à leurs pieds

Prétexte tout désigné à cette éclectique rencontre, la Bottine célèbre ses vingt printemps en même temps que le Festival international de Lanaudière. Il faut dire qu'elle en a parcouru du chemin depuis son premier spectacle de musique traditionnnelle à St-Jean-de-Matha, à l'automne 1976. Neuf albums et 1500 shows plus tard, ses turlutes, reels et chansons à répondre ont trouvé écho de l'autre côté de l'Atlantique. Angleterre, Écosse, Norvège, Suède, Finlande, Allemagne, Suisse, Italie : elle donnait en juillet 16 concerts en 26 jours... de quoi convertir l'Europe entière à son contagieux esprit de Bottine !

"Partout, c'est un succès : les gens se lèvent, dansent dans les fontaines ! raconte le moustachu. En Écosse, nous sommes vraiment les têtes d'affiche. Dans les festivals, par exemple, il n'y a plus un band écossais qui veut prendre le risque de jouer après la Bottine !"

Même en français, les chansons de la Bottine traversent toutes les frontières sans autre passeport que celui de la bonne humeur. Question de politesse, Yves Lambert tricote toujours quelques laïus bien sentis dans la langue du pays. "Je baragouine quelques mots d'italien, de danois, de suédois, d'anglais et j'arrive toujours à me faire comprendre ! Les gens saississent vite l'esprit et l'énergie de la Bottine."

Le pied déjà bien engagé dans sa troisième décennie, cette bonne vieille Bottine n'est pas prête d'accrocher ses patins.

[Article tiré du Journal de Montréal, le 1er août 1997]


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